Ce ne sera pas long
22 11 2009La pièce de théâtre Sacré cœur, d'Alain Vadeboncoeur et d'Alexis Martin, propose des angles de vue fragmentée de la condition humaine et de l'urgence de vivre à travers la lorgnette d'une série d'anecdotes dramatiques se déroulant dans la salle d'urgence d'un hôpital.
Il y a de tout dans cette pièce à plusieurs niveaux de compréhension. De la philosophie, de la poésie, de la comédie, de la médecine, de la vie, de la mort, de la littérature, du théâtre, de la performance d'acteurs, du plaisir et tout cela est assaisonné d'un soupçon d'humanisme constant, même dans les moments les plus durs de la pièce.
Le brio d'Alexis Martin, le metteur en scène, est d'avoir réussi à amalgamer tous ces ingrédients dans une trame narrative où se retrouvent presque les unités de formes, d'action et de temps. Car tous les fragments de vie qu'on rencontre dans cette salle d'urgence entretiennent un rapport étroit avec le personnage central, l'urgentiste de nuit, qui sera transformé par une erreur médicale qu'il commet devant des témoins médusés.
Cela aurait pu être un drame, voire une tragédie, mais la touche d'humour qui traverse toute la pièce permet d'avaler la pilule avec un sourire.
Les comédiens sont d'ailleurs tous transportés par l'histoire de cette nuit à l'hôpital et ils vont puiser au plus profond d'eux-mêmes pour nous émouvoir. La direction d'acteurs est exemplaire et aucun comédien ne jure dans ce décor aseptisé. L'urgentiste direct, froid, sec, vindicatif, tourmenté, humain, fatigué et complètement démoli à la fin est magnifiquement incarné par Stéphane Demers. Édith Paquet joue une infirmière douce, compréhensive, attentive, sensible et aimante de façon touchante et attachante. Quant à Muriel Dutil, elle est simplement remarquable dans tous les personnages qu'elle rend de façon plus véridique les uns que les autres. Finalement, Alexis Martin et Jacques L'Heureux s'amusent manifestement à interpréter des personnages fortement typés qui nous font tantôt sourire, tantôt s'attendrir devant leur sort.
Bref, Alexis Martin et Alain Vadeboncoeur nous tendent la main gentiment, en attendant, pour que le moment venu, ce ne soit pas trop long.
Publié par : Plotin à 14:43:34
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