Ce ne sera pas long

22 11 2009

La pièce de théâtre Sacré cœur, d'Alain Vadeboncoeur et d'Alexis Martin, propose des angles de vue fragmentée de la condition humaine et de l'urgence de vivre à travers la lorgnette d'une série d'anecdotes dramatiques se déroulant dans la salle d'urgence d'un hôpital.

Il y a de tout dans cette pièce à plusieurs niveaux de compréhension. De la philosophie, de la poésie, de la comédie, de la médecine, de la vie, de la mort, de la littérature, du théâtre, de la performance d'acteurs, du plaisir et tout cela est assaisonné d'un soupçon d'humanisme constant, même dans les moments les plus durs de la pièce.

Le brio d'Alexis Martin, le metteur en scène, est d'avoir réussi à amalgamer tous ces ingrédients dans une trame narrative où se retrouvent presque les unités de formes, d'action et de temps. Car tous les fragments de vie qu'on rencontre dans cette salle d'urgence entretiennent un rapport étroit avec le personnage central, l'urgentiste de nuit, qui sera transformé par une erreur médicale qu'il commet devant des témoins médusés.

Cela aurait pu être un drame, voire une tragédie, mais la touche d'humour qui traverse toute la pièce permet d'avaler la pilule avec un sourire.

Les comédiens sont d'ailleurs tous transportés par l'histoire de cette nuit à l'hôpital et ils vont puiser au plus profond d'eux-mêmes pour nous émouvoir. La direction d'acteurs est exemplaire et aucun comédien ne jure dans ce décor aseptisé. L'urgentiste direct, froid, sec, vindicatif, tourmenté, humain, fatigué et complètement démoli à la fin est magnifiquement incarné par Stéphane Demers. Édith Paquet joue une infirmière douce, compréhensive, attentive, sensible et aimante de façon touchante et attachante. Quant à Muriel Dutil, elle est simplement remarquable dans tous les personnages qu'elle rend de façon plus véridique les uns que les autres. Finalement, Alexis Martin et Jacques L'Heureux s'amusent manifestement à interpréter des personnages fortement typés qui nous font tantôt sourire, tantôt s'attendrir devant leur sort.

Bref, Alexis Martin et Alain Vadeboncoeur nous tendent la main gentiment, en attendant, pour que le moment venu, ce ne soit pas trop long.

 




Bob Gainey le fossoyeur bis

08 10 2009

Voici la liste des joueurs repêchés en première ronde après le choix du Canadien de Montréal depuis l'arrivée en poste de Bob Gainey comme directeur général en 2003. Ce sont donc des joueurs que le Canadien aurait pu repêcher si les dépisteurs de la Flanelle avaient eu un peu plus de flair...

2003 : Choix du Canadien : Andrei Kostitsyn

2004 : Choix du Canadien : Kyle Chipchura

  • Travis Zajac
  • Mike Green

2005 : Choix du Canadien : Carey Price

  • Devin Setoguchi
  • Luc Bourdon
  • Anze Kopitar

2006 : Choix du Canadien : David Fischer

  • Bobby Sanguinetti
  • Claude Giroux
  • Patrik Berglund

2007 : Choix du Canadien : Ryan McDonagh

  • Angelo Esposito
  • David Perron

2008 : Choix du Canadien : Danny Kristo en deuxième ronde. Pas de choix en première.

2009 : Choix du Canadien : Louis Leblanc

Pas de joueurs qui se démarquent jusqu'à maintenant cette année dans ce dernier repêchage.

Bref, les quatre dernières années de repêchage n'ont pas amené de gros joueurs au grand club. Quant aux années précédentes, il y aurait eu beaucoup de choix plus judicieux que ceux du Canadien. Bob Gainey sait-il s'entourer des bons recruteurs de talents? Et c'est sans compter les joueurs de premier plan qu'il a laissé partir pour presque rien. En d'autres mots, Bob Gainey sait-il reconnaître le talent et bien évaluer les joueurs qu'il met sous contrat ou qu'il repêche?

Les joueurs perdus depuis l'arrivée de Bob Gainey (échangés ou qui ont simplement quitté sans contrat) : Mike Ribeiro; Michael Ryder; Saku Koivu; Richard Zednik; Sheldon Souray; Patrice Brisebois; Francis Bouillon; Joé Juneau; Steve Bégin; Craig Rivet; Mike Komisarek; Alex Kovalev; Ron Hainsey; Christopher Higgins; Radek Bonk; Alexander Perezhogin; Mark Streit; Sergei Samsonov; Mikhail Grabovski; Alex Tanguay; Robert Lang; François Beauchemin; etc.

Que de talents perdus pour garder une équipe en morceau avec un seul trio de petits joueurs (Gionta, Cammalleri et Gomez)! C'est d'une tristesse pour les amateurs qui voient leur équipe s'étioler ainsi et qui ne peuvent que prendre une Molson pour se consoler...

 




Internet rend-il idiot?

10 08 2009

Il y a d'abord eu la mémoire, ensuite le livre, maintenant Internet. Le texte retenu, mémorisé et transmis par la parole. Ensuite le texte écrit et imprimé, transmis par différents supports jusqu'au papier. Maintenant, les signes numérisés, supportés par les écrans. La mémoire qui mémorisait les histoires a commencé à laisser des traces sur les textes. Maintenant, les textes vont s'empiler dans des mémoires électroniques de façon presque imperceptible par l'esprit humain. Et sur Internet, l'éphémère règne. Du site Internet rempli de contenu à sens unique, du concepteur vers le récepteur-lecteur, on est passé au blogue interactif plus court. Les textes doivent être courts pour que les lecteurs réagissent. Puis, pour faire plus court encore, on est rendu à Facebook et à Twitter, qui remplissent de plus en plus l'espace virtuel de la toile. On se limite à des bribes de mots, d'un paragraphe à quelques caractères. C'est de l'atrophie intellectuelle. Internet célèbre la mort de l'écriture continue, des expériences littéraires de longue haleine.

À lire absolument, un dossier du New York Times sur l'influence de l'Internet sur la lecture, traduit ici. Goolge nous rend-il idiots?




Apprendre à écrire à 20 ans

09 06 2009

Contrairement à l'idée généralement acceptée dans le milieu de l'éducation, surtout chez les enseignants du collégial, on peut apprendre à écrire à tout âge, même à 20 ans. J'en suis la preuve vivante. Jusqu'à l'université, je ne savais pas écrire. Presque tous les travaux que j'ai remis au cégep étaient retranscrits par des secrétaires qui corrigeaient les fautes de français et les erreurs syntaxiques. Heureusement, car je n'aurais jamais été accepté à l'université en physique. Et je n'aurais pas réussi mes cours au cégep.

C'est une fois à l'Université de Montréal en physique que je me suis rendu compte qu'il me manquait quelque chose d'essentiel : savoir communiquer par écrit dans ma langue maternelle. Pour apprendre à écrire, j'ai dû suivre les cours Café de M. Bernard Dupriez, lire trois grammaires (le précis de M. Grevisse, la nouvelle grammaire du français chez Larousse et une vieille grammaire de ma grand-tante).

Finalement, à la sueur de mon front, j'ai fini par apprendre par moi-même à écrire. Cinq ans plus tard, je me retrouvais dans la salle de rédaction du Devoir à corriger les textes d'autres journalistes et de certains écrivains chevronnés qui collaboraient au cahier littéraire.

Morale de l'histoire? On peut apprendre à écrire à n'importe quel âge, aussitôt qu'on le veut réellement et aussitôt qu'on a atteint une maturité adéquate. On n'apprend pas tous à écrire sa langue maternelle au même rythme. Pour les gars, en général, c'est plus lent. Pour certains (et certaines, j'en suis sûr), c'est encore plus lent. Vient un déclic qui se produit pour mille et une raisons, et la motivation apparaît tout à coup.

J'ai vu depuis d'innombrables étudiants qui n'avaient pas encore atteint la maturité nécessaire à l'apprentissage de la langue, tout comme je ne l'avais pas atteinte à leur âge. L'intelligence est là, les capacités langagières aussi, mais il manque l'élément déclencheur et un brin de maturité pour que ces étudiants traversent la frontière du désir d'apprendre à écrire.

L'élément déclencheur a été chez moi la découverte tardive de la littérature et de la philosophie. Quand j'ai compris qu'on pouvait s'amuser avec les mots et avec les règles, si on les maîtrisait, j'ai voulu apprendre. C'est par le plaisir de la littérature et de la réflexion philosophique qu'a commencé le dur labeur de l'apprentissage du français.

Aujourd'hui, j'enseigne la philosophie. J'ai aussi enseigné en français. Et je viens de recevoir mon plus beau cadeau d'anniversaire. Une maison d'édition allemande m'a demandé la permission d'utiliser un de mes textes pour un livre d'apprentissage de la langue française. C'est la deuxième fois que cela se produit. On utilise aussi un de mes textes dans les universités canadiennes pour le même usage.

Tout ce que j'espère maintenant, c'est que les Canadiens anglais et les Allemands aient du plaisir à apprendre à écrire en français. Il faudrait aussi que les Québécois les imitent, jeunes ou vieux.




Une p'tite vite?

18 05 2009

Je remarque, sur tous les blogues que je fréquente et sur le mien, que les billets courts sont toujours plus populaires et que les réactions sont plus nombreuses qu'à la suite de plus ou moins longs textes. Est-ce à dire que les p'tites vites sont toujours plus appréciées que les longs préliminaires et les lents développements? Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les blogues à cet égard, mais ce serait long et personne ne lirait jusqu'au bout. Aussi bien hacher le contenu en petites parties. À la prochaine!




De la santé jusqu'à la fin de vos jours!

14 05 2009

Lorsqu'on souhaite à quelqu'un de la santé jusqu'à la fin de ses jours, est-on conscient qu'on lui souhaite presque de mourir subitement? Car si la personne est en santé, elle ne mourra pas de maladie ni de vieillesse, mais à la suite d'un accident, puisque la personne était en santé par définition au moment où l'incident est survenu...

Quoi qu'il en soit, la personne est en santé jusqu'à la fin de ses jours, donc elle ne vieillira pas dans un hospice, ni ne mourra aux soins intensifs, ni tranquillement dans un lit d'hôpital sous des doses massives de morphine. Dans le fond, ce que l'on souhaite lorsqu'on dit à quelqu'un de la santé jusqu'à la fin de vos jours, c'est qu'elle meurt sans s'en rendre compte. Pas immédiatement, évidemment, mais que la mort la surprenne sans qu'elle puisse se méfier ou se préparer. Que la mort passe inaperçue!

On ne veut pas voir la mort venir, jamais. On la repousse du mieux qu'on peut en se gardant en santé. Pour vivre plus longtemps et plus intensément, dit-on. Car on ne peut y échapper. Pourtant, la santé demeure le dernier rempart contre la maladie et la mort. C'est une tautologie. On veut éviter la mort en se gardant en santé le plus longtemps possible.

D'un autre côté, on ne veut pas que le temps marque notre corps de façon indélébile; ce qu'il ne manquera pas de faire assurément. De la santé jusqu'à la fin de nos jours pour parodier notre désir d'éternité. Vieillir en santé, contre le temps qui désagrège les éléments, quels qu'ils soient. Nier que le corps s'use. Le bichonner comme notre bien le plus précieux. De la santé jusqu'à la fin de nos jours marque une étape de l'évolution humaine qui idolâtre le physique, l'apparence au détriment de la spiritualité, de la recherche du bonheur par la voie des cieux comme au temps jadis.

Vieillir plus vieux, plus en forme, plus en santé, plus en beauté, voilà l'objectif ultime de tout un chacun. Le mantra pour garder le cap : de la santé jusqu'à la fin de vos jours. L'église nouvelle : les centres de conditionnement physique qui pullulent. Les prêtres : les entraîneurs. Les messes : les ordres donnés, les conseils, les imprécations des diététiciens. La nourriture saine a remplacé la nourriture spirituelle. La pénitence, c'est faire de l'activité physique jusqu'à ce que la sueur sorte de partout. Le méchant, le mal, sort de ce corps! L'antéchrist a été remplacé par les oxydants, l'hostie par les antioxydants.

On ne monte plus les marches de l'Oratoire Saint-Joseph à genoux pour atteindre le paradis, mais pour se tenir en forme et avoir un corps sculpté apollinien.

Bref, je vous souhaite de la santé... jusqu'à la fin de vos jours...




En avoir ou pas

10 05 2009

Ce texte est déjà paru dans La Presse l'an dernier sous la rubrique Ah! La vie!

«Maintenant que vos enfants sont assez grands pour se garder eux-mêmes, je vais enfin pouvoir vous inviter à souper chez moi.» C'est ainsi qu'un vieil ami nous a invités dans sa demeure pour souligner un événement important. Il avait attendu que nos enfants soient assez vieux pour ne plus avoir à les inviter eux aussi afin de nous recevoir.

D'un côté, on pourrait prendre cette marque d'attention de façon très positive en se disant qu'il voulait surtout nous rencontrer, nous comme couple, sans les enfants qui viendraient immanquablement perturber nos discussions. D'un autre point de vue, on pourrait s'offusquer de cette invitation en supputant que nos enfants, donc une partie importante de notre vie, sont à dédaigner.

On sait bien qu'il y a des gens qui ne supportent pas les enfants, comme s'ils ne l'avaient jamais été eux-mêmes. Certains autres les perçoivent comme des menaces pour la quiétude des conversations et la préservation de leurs biens fragiles.

Mais cette remarque en apparence anodine de notre copain révèle davantage de choses. Il y a d'abord de l'indifférence à l'égard des enfants et un agacement face à leur présence. Ensuite, plus profondément, il y a un choix de vie qui ne mérite pas le droit de citer dans la société d'aujourd'hui.

En effet, les parents ont souvent l'impression de déranger ou d'ennuyer ceux qui n'ont pas d'enfants lorsqu'ils parlent de leur progéniture. Pourtant, ceux qui n'en n'ont pas ne se gênent pas pour raconter pendant des heures leurs nombreux voyages, les pays visités et les endroits secrets découverts de par le vaste monde.

De fait, ceux qui n'en n'ont pas discutent de vins, de voyages, de loisirs chers en imposant ainsi leur mode de vie comme sujet universel de discussion. Mais ils se montrent aussitôt agacés lorsque des enfants entrent dans leur décor. Tout au plus, ils peuvent les tolérer quelques heures s'ils ne parlent pas trop et ne font pas trop de bruits.

Par contre, ceux qui en ont savent combien il est difficile de glisser dans les conversations des allusions à leur vie familiale pourtant bien remplie. Quand ils parlent des bons coups de leur progéniture ou du bonheur d'avoir des enfants, ils sont fatalement jugés comme des personnes obnubilés par leur choix de vie et qui veulent se convaincre de la justesse de ce choix aux yeux des autres. « On le sait bien que vous avez des enfants, ne venez pas vous en vanter en plus! »

De même, ceux qui en ont savent qu'il est presque impossible de parler de leurs difficultés de vie familiale, tant le sujet est tabou ou ennuyeux. « Vous avez voulu avoir des enfants, ne venez pas vous plaindre en plus! »

Pourtant, une étude révélait l'an dernier que le coût moyen pour élever un enfant au Canada était de 10 000 $ par année! Deux enfants représentent donc un déboursé de 20 000 $ par an. Ainsi de suite. On comprend alors l'hésitation des jeunes de vouloir fonder une famille.

Bref, pour avoir des enfants, il faut savoir se priver afin de partager les ressources limitées et surtout se priver d'en discuter. Car ceux qui n'en ont pas ne veulent pas savoir combien il est difficile de joindre les deux bouts pour une famille. Ils ne veulent pas savoir davantage que la vie familiale regorge de moments de pur bonheur, de moments uniques et inoubliables.

«Vous en avez voulus, alors assumez-en les conséquences! Ne venez surtout pas nous achaler avec vos doléances familiales ou vos émerveillements devant les exploits de vos rejetons! Mais écoutez comme il est agréable de manger dans les restaurants branchés, de voyager partout sur la planète, d'assister à tous les spectacles, de lire les derniers livres à la mode, de se louer des chalets l'été et de prendre une retraite au soleil. En paix, sans enfants dans les parages...»




Ai-je raison d'avoir tort?

27 04 2009

On commence à connaître quelqu'un vraiment lorsqu'on le voit avoir tort. Comment la personne va-t-elle se comporter? Certaines personnes réagissent par la colère en criant pour intimider leurs interlocuteurs, d'autres par le dénie et le refus de reconnaître leurs errements, d'autres se rebiffent en triturant les arguments pour ne pas avoir l'air dans l'erreur et d'autres, plus rarement, avouent en reconnaissant humblement leurs torts. Ceux qui reconnaissent d'emblée leurs limites sont rarissimes et précieux.

Moi, je suis la plupart du temps prêt à avouer mes torts. J'ai rarement l'impression d'avoir raison. En fait, et je l'ai déjà dit sur ce blogue, je donne souvent raison à des gens qui ont tort même si je sais que j'ai raison. C'est d'ailleurs ma tare, de me donner tort lorsque j'ai raison... Vous comprenez qu'on ne peut pas toujours avoir tort, non? Ai-je raison de donner raison à ceux qui ont tort et de me donner tort alors que j'ai raison? Ma tare est d'être mou comme un saule qui plie au gré du vent, alors que d'autres sont robustes comme des chênes et ne plient jamais. Ils cassent direz-vous? Quelquefois, mais cela prend du temps. Et tout ce temps, ils croient avoir raison alors qu'ils ont tort. Et moi je me tords de douleur de leur donner raison alors qu'ils ont tort tout en sachant que c'est ma tare qui leur donne raison alors que c'est moi qui ai raison, mais qui a tort de leur donner raison... Vous me suivez?

 




Ipod, Walkman et individualisme

25 04 2009

J'ai beaucoup de difficulté à écouter de la musique sur mon iPod. C'est que, lorsque je mets les écouteurs dans mes oreilles, j'ai l'impression de me couper du monde. Les bruits ambiants disparaissent pour laisser la place à de douces mélodies.

Je sais que c'est cela le principe même des lecteurs MP3, se couper du monde pour rentrer dans son propre univers musical. Mais j'ai beaucoup, beaucoup de misère à me cloisonner dans un univers parallèle à celui dans lequel je baigne corps et âme. S'évader, c'est le mot à la mode. Partir en vacances, en voyage, triper, oublier, se ressourcer, couper les ponts, tailler la zone, etc. Le iPod permet de s'évader à peu de frais dans un univers sonore personnel, tout en étant en plein milieu du bruit et de la fureur du monde citadin, par exemple. Pourtant, j'aime encore mieux les tonitruants bruits des marteaux-piqueurs que la douce voix de Chloé Sainte-Marie lorsque je suis à proximité d'un chantier de construction.

Je suis fait comme cela, on dirait. Écouter de la musique à tue-tête, pour enterrer le bruit ambiant de la rue ou des voisins, très peu pour moi. Je tiens à rester connecté à mon monde. Sans doute est-ce dû à un sentiment d'insécurité. Pour me reposer les tympans, rien de mieux que de découvrir un endroit calme et « écouter » le silence.

Cela me rappelle que Sony avait lancé son Walkman dix années trop tôt. Le produit imaginé par Cyrano de Bergerac avait fait son entrée dans le monde au mauvais moment. La compagnie Sony avait reconnu son erreur. Les gens n'étaient pas prêts à se séparer les uns des autres en public par un rideau musical. Les mélodies servaient plutôt à rassembler les individus. L'esprit communautaire qui avait cours dans les années 70 ne préparait pas les jeunes à s'isoler les uns des autres en se mettant des écouteurs sur la tête. C'est seulement dix ans plus tard que Sony a pu relancer son produit, le Walkman, avec succès. L'esprit communautaire avait laissé sa place à l'individualisme. Les dirigeants de Sony ont flairé la bonne affaire et ils ont ressorti le produit qui avait connu un retentissant échec dix années plus tôt.

Aujourd'hui, non seulement on se promène avec des écouteurs sur la tête, mais de plus en plus de personnes ont des téléphones miniatures dans leurs oreilles. Ils portent des lunettes, ils ont des dents blanches tout alignées et ils parlent sans arrêt à d'autres individus absents de leur entourage immédiat, tout en écoutant de la musique. Et souvent, ils divorcent, car ils ne sont plus capables de s'entendre ou de se parler. Ce qui revient au même.

 




Le retour de la Lanterne

23 04 2009

Juste un petit mot pour vous dire que mon site internet La Lanterne de Diogène est de nouveau en ligne à ces deux nouvelles adresses: sur le serveur du Collège ici et aussi chez Prof Web.




La logique des auteures...

10 04 2009

Je ne sais pas pourquoi, mais depuis quelque temps, je ne lis que des auteurs féminins. Par exemple, depuis le début de l'année, j'ai lu des romans d'Annie Ernaux, d'Amélie Nothomb, de Fred Vargas, d'Emmanuelle Bernheim, de Danièle Sallenave, etc. Il n'y a pas de raisons précises, seulement une coïncidence. J'ai trompé ces auteures par la lecture d'un recueil de nouvelles savoureux de David Lodge, L'Homme qui ne voulait plus se lever, et d'un petit manuel pratique de philosophie intitulé La philo est un jeu de Christophe Verselle.

Parmi les titres que je peux vous suggérer de mes écrivaines favorites, citons : Les Armoires vides, La Place, Une Femme d'Annie Ernaux. Je ne vous recommande pas son dernier livre biographique et impersonnel, Les Années, car j'ai moins apprécié la distance critique qu'elle tenait à mettre dans ses propos, ce qui désincarne son style déjà dépouillé. D'Emmanuelle Bernheim, je vous suggère surtout Sa Femme et Le Cran d'arrêt et Un Couple. Amélie Nothomb, n'importe lequel de ses livres, mais plus particulièrement, Stupeur et tremblements, Hygiène de l'assassin et Métaphysique des tubes. De Fred Vargas, je n'ai lu et dévoré que L'homme aux cercles bleus, Pars vite et reviens tard et surtout son Petit Traité de toutes vérités sur l'existence. Finalement, pour tous les enseignants spécialement, courrez acheter Les Lettres mortes Danièle Sallenave. Cela vous réconfortera.




La bonté selon Franklin

09 04 2009

Voici un beau message provenant de JMG : « Pour moi, cette belle phrase se rapproche de celle qui dit que mentir à autrui est se mentir à soi.
J'ajouterais que mépriser autrui revient également à se mépriser soi-même.
Dans les trois cas, cela signifierait que nous portons autrui en nous même, au moins par l'image qu'on s'en fait.

La bonté envers autrui est grande bonté envers soi-même.

Benjamin Franklin»




Les sanglots de l'homme québécois

31 03 2009

Bernard Landry a été accusé d'avoir fait une dérive ethnique en commentant la nomination de Michel Sabias à la tête de la Caisse de dépôt et placement. Certains tentent de justifier ce choix en affirmant que le nouveau directeur général ne vient pas de la tribu québécoise (Québec inc.) et que cela sera une bonne chose. Sortons de la vision étroite et sectaire québécoise, soutiennent d'autres spécialistes de la finance.

Dans d'autres domaines, culturel notamment, il ne faut pas soutenir la spécificité québécoise trop fortement sous peine de se faire passer pour un vieux nationaliste dépassé, replié sur lui-même, ethnocentrique, raciste presque, xénophobe certainement, isolé du monde, ou encore vivant dans un passé folklorique.

La fierté québécoise est devenue suspecte. Elle renferme nécessairement du ressentiment. On aura beau protester de son ouverture d'esprit à l'autre, au monde entier, reste qu'il y aura toujours un soupçon. Pourquoi être fier d'être Québécois à l'heure de la mondialisation de l'économie et de la culture? Pourquoi favoriser l'identité, la ressemblance, les points en commun, l'enracinement, alors que l'air du temps est au mélange des genres, à la multiethnicité, à la différence, à l'ouverture à l'autre, à la globalisation, etc.?

Devrions-nous avoir honte d'être Québécois? Il faudrait définir le terme, disent les uns, Québécois inclusif ou Québécois exclusif? Québécois : habitant du Québec parlant français ou habitant du Québec sans autres attributs?

Je laisse ce débat à d'autres pour l'instant, ce qui est important pour moi maintenant est plutôt de décrire le sentiment de culpabilité ou de malaise qu'on ressent chaque fois qu'on met de l'avant la fierté d'être Québécois et qu'on doive se justifier devant les attaques sur les supposés sous-entendus du terme.

Le discrédit sur la fierté québécoise est tel qu'il faut regarder les émissions américaines en anglais, sous peine d'être déclassé comme unilingue francophone, ce qui est devenu une insulte. Il faut écouter les films en anglais, dans la langue originale, si on veut être in. Sinon, si on attend les traductions, on est fermé d'esprit et on ne goûte pas la pleine saveur du fruit. Il faut également lire les livres en anglais des auteurs anglophones pour montrer son savoir-faire, et cela coûte décidément moins cher que d'attendre, encore une fois, la traduction française qui, de toute façon, trahit toujours l'auteur.

La fierté d'être Québécois est mise à rude épreuve depuis quelque temps. Naguère, les compagnies américaines et canadiennes publicisaient leurs produits en soutenant la fierté des Québécois. Combien de campagnes de publicité des années 70 entonnaient le chant du nationalisme québécois? Aujourd'hui, serait-ce possible?




D'un Foglia l'autre

05 03 2009

J'aime beaucoup les textes de Pierre Foglia. Sans réserve, ou presque. Cela remonte aux Flashs du sport de La Presse. Quelle équipe de fous! La Presse avait réuni des plumes éloquentes et drôles à la fois. On se bidonnait à lire les comptes-rendus de matchs de hockey et les commentaires désopilants des journalistes sportifs qui s'en donnaient à cœur joie.

Depuis qu'il est chroniqueur, je continue de lire ce joyeux drille. Évidemment, je ne suis pas toujours d'accord avec ses propos. Heureusement. Cela fait réfléchir quand quelqu'un d'intelligent soutient des opinions contraires aux vôtres. D'autant plus lorsque cette personne soutient ses opinions par des arguments convaincants. Avec style en plus.

Les seuls sujets avec lesquels je me trouve souvent en désaccord sont les suivants : les femmes, les enfants et l'éducation. Je trouve que les paroles du chroniqueur frôlent quelquefois la misogynie. En fait, ce serait plutôt du machisme mal placé. Pas tout le temps, mais parfois il émane des propos du journaliste comme un mépris envers les femmes. Surtout envers certains comportements « dits » féminins.

Aussi, lorsque Foglia aborde le sujet des enfants et la façon de les élever, il me fait penser à Jean-Jacques Rousseau qui a abandonné ses rejetons à la crèche avant d'écrire l'Émile ou de l'éducation

Finalement, le sujet le plus controversé, c'est pour moi l'éducation. On se croit tous experts dans ce domaine sous prétexte qu'on a tous été élevés par quelqu'un, avec ou sans système. L'éducation, je le veux bien, est un sujet trop sérieux pour le laisser entre les mains des enseignants; comme la guerre est trop sérieuse pour la laisser entre les mains des militaires. Mais il y a des limites à tout vouloir ramener à l'ancien temps de la règle où tout était mieux. Frapper, punir, surveiller, crier, vilipender, etc. Était-ce mieux qu'aujourd'hui? Est-ce que cela va si mal maintenant dans les écoles qu'il faille revenir aux coups pour se faire respecter en tant qu'éducateur? Ce serait triste si c'était le cas. La nostalgie de Foglia quant au système d'éducation représente une tendance populaire qui ne lui fait pas justice. Habituellement, il fait bande à part sur les autres sujets de société et il ouvre les œillères à bien du monde.

Encore ce matin, à propos de la guerre en Afghanistan, il est limpide et pertinent. À lire ici, pour le propos et la forme. Jamais je n'aurai une plume aussi limpide, un style aussi vif, une écriture aussi soignée. Je sais que Foglia peaufine ses textes jusqu'à la perfection. Je n'ai pas cette patience, ni probablement le talent qu'il a. Ni les compétences langagières. C'est vrai qu'il est probablement allé à une meilleure école que la mienne…




Le complexe de l'imposteur

22 01 2009

J'ai toujours l'impression d'être un imposteur, quelqu'un qui n'est pas à sa place et qui usurpe l'identité que les autres lui accordent.

Ainsi, je suis souvent perçu comme un bon rédacteur. Pourtant, je ne trouve pas que j'écris bien, surtout lorsque je me compare à d'autres blogueurs ou journalistes.

J'envie ceux qui ont des certitudes sur leurs talents. Quand je parle devant une assemblée, il est certain que je vais balbutier ou bégayer. Comme Jean-Jacques Rousseau, auquel je ne me compare aucunement, je perds tous mes moyens devant le regard des autres.

Pourtant, de l'extérieur, plusieurs personnes pourraient penser que j'ai été reconnu souvent dans le passé pour un certain talent d'écriture. Il est vrai que Robert Lévesque m'a engagé en 1986 au Devoir après avoir lu mes articles dans le Contiuum, le journal des étudiantes et des étudiants de l'Université de Montréal. Jean V. Dufresne m'a par la suite offert de tenir quelques chroniques dans Le Plaisir des livres qu'on lançait à l'époque. Par la suite, Jacques Godbout m'a proposé quelques projets d'écriture pour sa maison d'édition Boréal, dont une biographie de Michel Chartrand que je n'ai jamais complétée, à la suite de quelques rencontres avec le coloré syndicaliste.

Sur le plan académique aussi, je devrais me sentir blindé. Lors de l'acceptation de mon mémoire de maîtrise en philosophie, par exemple, on a tenu à souligner la qualité exceptionnelle de l'écriture du document.

Plusieurs années plus tard, c'est André Pratte, l'éditorialiste en chef de La Presse, qui m'a proposé d'écrire une chronique mensuelle pour le quotidien. J'avais remporté trois fois en un peu plus d'un an le titre de la lettre de la semaine des pages Forum.

Finalement, c'est la direction du Collège où j'enseigne maintenant qui m'offre d'écrire des rapports d'évaluation et des programmes pour l'établissement.

Normalement, je devrais être au moins sûr d'une chose : j'écris assez bien pour me faire remarquer et engager dans des projets de rédaction importants.

Néanmoins, le doute persiste. J'écris mal et personne ne s'en aperçoit. Cette phrase est comme un mal de dents lancinant qui taraude l'esprit. Peut-être est-ce cela qui me tient en alerte et me permet d'écrire sans trop me prendre au sérieux?

Reste que j'envie réellement ceux qui sont capables de parler en public sans une onze de gêne, qui rabrouent ceux qui n'écoutent pas lorsqu'ils parlent, qui écrivent sans crainte et qui sont sûrs de leurs capacités.

Le pire, c'est que plus je vieillis, moins je me sens en confiance. Je suis comme Ponce qui écrivait dans Méthodes, si je me souviens bien (ajout du 8 mars, journée internationale de la femme : il s'agit bien du livre Méthodes, mais l'auteur s'appelle Francis Ponge et non pas Ponce, comme quoi je ne suis sûr de rien...), qu'il donnait toujours raison aux autres aussitôt que l'on objectait quelque chose à ce qu'il disait ou écrivait.

Mettons que j'ai tort et que je n'ai rien dit…




Je vous écris de la main droite

13 10 2008

Je me suis brûlé la main gauche mercredi dernier. Je ne peux plus écrire que de la main droite. C'est épouvantablement difficile. C'est pourquoi je ne reprendrai mes activités et l'écriture de ce blogue que dans une semaine encore. Bonne journée et bonnes élections à tous et à toutes.




De moins en moins sûr

03 10 2008

Je suis de moins en moins sûr de moi et de mes convictions, plus je vieillis. C'est drôle, quand j'étais jeune, je méprisais souvent les autres. À la petite école, je ne comprenais pas le comportement des garçons violents et turbulents. Je préférais le calme et la maturité des fillettes que j'enviais.

Par la suite, au secondaire, je trouvais stupides les élèves récalcitrants qui n'écoutaient pas en classe et ne faisaient pas leurs devoirs. Pire, je les ignorais tellement ils me paraissaient insipides. J'enviais cependant les succès des garçons téméraires qui s'attiraient les regards des jeunes filles.

Au cégep, j'ai commencé à me sentir sérieusement supérieur. Mes notes en sciences et en mathématiques me montaient à la tête. Je regardais de haut les élèves qui peinaient dans leurs études. Premier de classe en sciences pures, je rêvais déjà d'être un astrophysicien de renommée mondiale. Même si j'étais d'une timidité maladive (encore aujourd'hui), je levais le nez sur les élèves de sciences humaines ou de techniques.

À l'université, je me promenais parmi les hommes comme parmi des fragments d'humains, comme dirait Nietzsche. Je savais que j'avais plus d'envergure et de maturité que la majorité de mes congénères. En physique, puis en philosophie, je nageais dans la complaisance et la suffisance d'une prétendue supériorité intellectuelle. Les notes, toujours les notes. Premier de classe, celui qui est cité en exemple par les professeurs et les autres élèves. Cela suffisait à me prendre pour un autre.

Finalement, il y a eu le journalisme. Étudiant, puis professionnel au Devoir. Là, j'étais quelqu'un. À 26 ans, déjà dans les mondanités journalistiques, les lancements de livres, les entrevues avec les plus grandes personnalités du monde artistique, etc. On (Jacques Godbout en tête) me proposait d'écrire des livres, des essais et même une biographie de Michel Chartrand. La belle vie, quoi.

Puis… Puis, il y a eu des épreuves. Des échecs. Des conflits de personnalités. La maladie. Et d'autres projets.

J'ai quitté Le Devoir sur un malentendu syndical et à la suite d'un conflit de personnalités avec le directeur de l'information de l'époque. Je me suis engagé dans la carrière d'enseignant au collégial. J'ai fondé une famille. J'ai vieilli. J'ai été malade. Et j'ai surtout appris beaucoup de choses encore. Évidemment, comme le disait Socrate et comme le chantait Gabin, j'ai surtout compris que je ne savais rien. Je ne savais d'abord rien des autres. Replié sur moi comme une huître.

Je ne savais pas que les autres peuvent être plus importants que soi-même. Je ne savais pas que mes enfants seraient infiniment plus importants que tout le reste. Je n'ai plus peur de mourir ni de ne pas laisser une trace indélébile pour l'humanité, depuis que j'ai eu des enfants. De plus, je juge de moins en moins les autres. Surtout ceux qui n'ont pas les mêmes idées que les miennes sur n'importe quel sujet.

Je ne suis plus sûr de rien. J'enseigne en philosophie, mais les connaissances évoluent plus rapidement que mes pensées. Je perds mes mots de plus en plus souvent. J'oublie des choses. Je ne suis plus le meilleur joueur de tennis de ma ville. Je suis en perte de vitesse.

Pourtant, il y a une chose qui augmente sans cesse. J'aime la vie de plus en plus, même si elle s'égrène dans le sablier de mon temps. Je suis de plus en plus heureux. Je n'ai plus rien à prouver à qui que ce soit. Je laisse le soin aux autres à juger de moi ou des événements. Comme disait je ne sais plus qui : cela m'a pris du temps à devenir jeune. Mettons que je n'ai rien dit.




De retour bientôt

16 05 2008

Enfin, c'est fait! Nous sommes maintenant passés de la FAC (Fédération autonome du collégial) à la FNEEQ (CSN), Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec. Ouf! Ce ne fut pas facile. Le comité de direction syndicale recommandait une affiliation à la FEC (Fédération des enseignants du collégial). Nous avons dû écrire beaucoup, parler abondamment et harceler presque nos collègues pour leur faire valoir les avantages de la FNEEQ sur l'autre fédération en lice. Bon, c'est fait maintenant.

À partir de la semaine prochaine, je vais pouvoir souffler un peu, quoiqu'il me reste toujours la coordination départementale, la remise du manuscrit du manuel d'activités pédagogiques et la fin des cours (les corrections qui s'empilent). Sans compter la préparation au déménagement.

Mais, comme tout le monde dit, quand il fait beau et qu'on vient de gagner une bataille syndicale, on a toujours plus d'énergie.




Désaffiliation

08 05 2008

Je sais, je sais, je néglige mon blogue ces temps-ci. Mais c'est pour une bonne cause, puisque depuis lundi soir dernier, nous ne sommes plus affiliés à la Fédération autonome du collégial (FAC). Nous allons rejoindre soit le FEC (CSQ) ou la FNEEQ (CSN). Le comité de direction du syndicat local propose de joindre les rangs des enseignants de 7 autres cégeps, la FEC, plutôt que de se tourner vers la FNEEQ où sont logés 36 syndicats de cégeps et les 2/3 des enseignants du réseau collégial.

Je milite en faveur de la FNEEQ, pour le regroupement le plus large possible des enseignants du collégial. C'est la raison principale de mon inactivité de blogueur des derniers jours et des prochains. Une fois la tempête passée, je serai de retour pour la fin des classes.




Je quitte?

22 04 2008

Je songe de plus en plus à quitter le réseau de blogues de Branchez-vous pour aller vers un réseau plus large qui offre également plus de services et surtout, plus d'outils de modélisation de l'apparence de la page. Un blogue doit être lu par un plus large éventail de personnes possible. Mais j'hésite. J'ai peur de perdre quelques lecteurs assidus et intéressants qui nourrissent mes réflexions sur l'enseignement et sur la vie en général. Que faire? J'expérimente une deuxième publication de mon blogue sur Blogger. Aussitôt que quelqu'un réplique à un billet, je suis averti par courriel. C'est plus intéressant pour suivre les discussions et répondre aux commentaires. Alors, je quitte Branchez-vous pour aller reprendre là-bas la publication de mes carnets?




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