La Burqa intérieure

25 09 2009

Une belle femme s'est enlevé la vie hier étouffée dans sa burqa intérieure. L'expression n'est pas de moi, mais de Nelly Arcand qui disait aussi, pour décrire la prison dorée dans laquelle on enferme les femmes, la burqa de chair. Beauté plastique, chirurgie esthétique, botox, liposuccion, collagène, blanchiment des dents, orthodontie, teinture, maquillage, etc., ce sont des armes qui tuent. Pour le plaisir des hommes.

J'ai toujours pensé que les belles femmes sont aussi victimes de leur beauté, car elles sont prisonnières de leur image. L'image de la beauté calquée sur le désir masculin. Tout pour plaire aux hommes. Même si cela veut dire ressembler à de jeunes filles en fleur. Car le désir masculin se dirige tout droit vers la pédophilie, sans le dire. On projette partout l'image de la beauté féminine comme celle d'une jeune fille d'à peine 18 ans.

Les mannequins doivent se soumettre à des régimes alimentaires sévères pour rester, en apparence, jeunes et minces, pour ne pas dire maigres, sans défense. Et les femmes doivent ressembler à ces fillettes, pour suivre la mode.

Tout l'appareillage de la mode inculque le désir malsain de la jeunesse éternelle. Pour les femmes, cela veut dire lutter toute leur vie contre le temps, contre les transformations naturelles du corps féminin qu'on ne veut pas voir. D'où l'expression de Nelly Arcand de burqa intérieure ou de chair. Cette burqa que doivent porter toutes les femmes pour ne pas être vues. On ne veut voir que la jeune fille, à peine majeure, pour sauver les apparences. Pourtant, il y a quelque chose de maladif dans cette idéalisation de la beauté féminine adolescente. Quelque chose de tyrannique. Quelque chose qui tue.

 




Le décrochage scolaire et les gars

11 05 2009

On sait que le décrochage scolaire au secondaire touche presque deux fois plus les garçons que les filles depuis des années, selon les statistiques officielles du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), soit près de 32 % des garçons et seulement 19 % des filles. Pourtant, on ne fait rien de bien nouveau dans le système scolaire pour remédier à la situation.

Bien sûr, plusieurs facteurs ont été avancés pour expliquer le phénomène. La Table des partenaires sur la persévérance scolaire Montréal résume ainsi la situation : « Les recherches ciblent plutôt le rapport, les attitudes ainsi que les stratégies que développent les garçons envers l'école et le métier d'élève, la socialisation dans la famille et à l'école, le rythme d'apprentissage et les facteurs sociaux tels que le milieu social dans lequel évolue l'enfant ou l'adolescent. »

Il y a plusieurs années, dans La Presse et sur mon propre site internet, j'ai énuméré d'autres éléments d'explication de l'écart entre les résultats scolaires des garçons et des filles : les pères absents dans le soutien scolaire à la maison, la place prépondérante de l'audiovisuel et des jeux vidéo dans l'univers culturel des garçons, le rôle du modèle de l'élève idéal passif et à l'écoute dans le système d'éducation, l'accent mis sur la théorie au détriment de la pratique en classe, l'importance de la variété des activités d'apprentissage correspondant davantage aux styles cognitifs différents entre les garçons et les filles, l'omniprésence et l'omnipotence de la langue (d'enseignement et secondaire) dans le système d'éducation, etc.

Plusieurs projets pilotes ont été mis en place afin de trouver des solutions concrètes à l'écart qui se creuse en éducation entre les garçons et les filles à tous les niveaux : classes non mixtes, programmes sport-étude, programme musique-étude, enseignement par projets, etc. Aucun projet pilote n'a cependant été implanté à grande échelle, car aucun n'a donné des résultats concluants et satisfaisants.

Bref, le problème du décrochage scolaire persiste et les garçons sont encore et toujours les plus durement touchés. Le rapport Ménard propose des pistes de solution qui seront empruntées par le MELS, selon la ministre Courchesne.

Toutefois, le bât blesse à un endroit précis et on semble s'aveugler collectivement pour ne pas le voir, car il y a une dimension politique et idéologique. C'est l'importance trop grande qu'a prise la langue d'enseignement dans le système d'éducation.

D'une part, les études montrent depuis de nombreuses années que les garçons maîtrisent moins rapidement les rudiments de la langue maternelle, quelle qu'elle soit, d'autre part, on tente de discriminer les élèves dès leur plus jeune âge sur cette base. Résultat : dès leurs premiers contacts avec l'école, les garçons se sentent exclus du processus, à l'écart, dévalorisés, pas sur le même pied que les filles.

Pénalisés dès le départ du parcours scolaire par leur moins grande maîtrise de la langue d'enseignement, il n'est pas surprenant que les garçons tentent de se valoriser ailleurs qu'à l'école. D'autant plus que l'école met de plus en plus l'accent sur la réussite scolaire qui passe nécessairement par la maîtrise de la langue d'enseignement. C'est devenu une condition sine qua non.

Autrement dit, la majorité des garçons sont pénalisés dès le départ par leur différence de maturation dans la maîtrise de la langue d'enseignement et on accentue leur exclusion du système en en faisant une condition sine qua non du succès scolaire.

Et la ministre Courchesne, comme toutes les personnes qui œuvrent dans le système d'éducation, veut mettre encore plus d'accent sur la maîtrise de la langue française et des langues secondaires dans le système d'éducation. Une façon efficace d'exclure encore davantage les garçons du cursus scolaire.

Répétons-le : l'acquisition de la maîtrise de la langue maternelle ne se fait pas au même rythme chez les garçons que chez les filles, en général. Il y a bien sûr des exceptions. Quelques garçons acquièrent plus tôt que d'autres les habiletés langagières. Certains deviennent enseignants et perpétuent le préjugé selon lequel l'éducation doit se faire au même rythme pour tous, le succès scolaire dépendant uniquement de l'effort mis à réussir.

Pourtant, les études les plus récentes et les observations les plus élémentaires le montrent : les garçons acquièrent plus lentement les habiletés langagières et la motricité fine. Dès le primaire, les garçons écrivent moins bien leur langue maternelle et ont plus de difficulté à former des lettres proprement.

Alors pourquoi vouloir mettre à tout pris l'accent seulement sur l'acquisition de la maîtrise de la langue dans le système d'éducation? Pourquoi nier les rythmes d'apprentissage différents de la langue maternelle à l'école et tout au long du parcours scolaire? Pourquoi s'aveugler sur les statistiques alarmantes quand on compare les résultats en français entre les garçons et les filles? Pourquoi ne pas voir que les classes de français 103 au collégial (le cours préparatoire à l'Épreuve uniforme en français) sont composées au 2/3 de filles? Et pourquoi inversement les classes de mise à niveau en français au collégial sont composées au 2/3 de garçons? Pourquoi ne pas dire clairement les choses et affirmer haut et fort qu'on sanctionne l'apprentissage plus lent des garçons quant à leur maîtrise de la langue tout au long du parcours scolaire? Et, par le fait même, qu'on discrimine involontairement les garçons à l'école?

Pourtant, il y aurait quelques pistes de solution à envisager. Ce sera l'objet d'un autre billet.




La logique des auteures...

10 04 2009

Je ne sais pas pourquoi, mais depuis quelque temps, je ne lis que des auteurs féminins. Par exemple, depuis le début de l'année, j'ai lu des romans d'Annie Ernaux, d'Amélie Nothomb, de Fred Vargas, d'Emmanuelle Bernheim, de Danièle Sallenave, etc. Il n'y a pas de raisons précises, seulement une coïncidence. J'ai trompé ces auteures par la lecture d'un recueil de nouvelles savoureux de David Lodge, L'Homme qui ne voulait plus se lever, et d'un petit manuel pratique de philosophie intitulé La philo est un jeu de Christophe Verselle.

Parmi les titres que je peux vous suggérer de mes écrivaines favorites, citons : Les Armoires vides, La Place, Une Femme d'Annie Ernaux. Je ne vous recommande pas son dernier livre biographique et impersonnel, Les Années, car j'ai moins apprécié la distance critique qu'elle tenait à mettre dans ses propos, ce qui désincarne son style déjà dépouillé. D'Emmanuelle Bernheim, je vous suggère surtout Sa Femme et Le Cran d'arrêt et Un Couple. Amélie Nothomb, n'importe lequel de ses livres, mais plus particulièrement, Stupeur et tremblements, Hygiène de l'assassin et Métaphysique des tubes. De Fred Vargas, je n'ai lu et dévoré que L'homme aux cercles bleus, Pars vite et reviens tard et surtout son Petit Traité de toutes vérités sur l'existence. Finalement, pour tous les enseignants spécialement, courrez acheter Les Lettres mortes Danièle Sallenave. Cela vous réconfortera.




Femmes de tous les pays, unissez-vous!

08 03 2009

Bon, j'espère que les femmes célèbrent bien cette journée internationale, car il reste du chemin à faire, comme en témoignent les statistiques dévoilées hier au Québec qui montrent que les femmes reçoivent 23% de salaires de moins que les hommes pour les mêmes emplois requérant les mêmes diplômes. Celles qui n'ont pas complété leur diplôme secondaire font 40% de moins que les hommes dans les mêmes conditions. Imaginons ce que les femmes subissent dans le reste du monde.

En fait, c'est Finkelkraut ou Bruckner qui affirmait que les attentats du 11 septembre 2001 représentaient le début de la troisième guerre mondiale dont l'enjeu principal serait la place et le rôle des femmes sur la planète.

Ici, au Québec, les femmes sont émancipées, mais gagnent moins que les hommes pour les mêmes emplois. Ailleurs, c'est encore souvent l'horreur. Parodions Marx: femmes de tous les pays, unissez-vous! Continuez le combat! Comme pour les propriétaires face aux prolétaires, les hommes ne donneront rien aux femmes à moins qu'elles leur arrachent. L'union fait la force.

Bonne chance!




La testostérone maudite!

15 10 2008

« C'est plein de testostérone ce film-là. » Sous-entendu : yeurk! C'est ainsi qu'une chroniqueuse culturelle discréditait, avec un air entendu, un film qu'elle avait vu la veille. Un seul mot résumait sa pensée : testostérone. L'affaire était classée d'avance. Quand il y a trop de cette hormone masculine, c'est forcément mauvais. Rien de positif ne peut résulter d'une œuvre d'art qui contient de la testostérone, c'est-à-dire de la violence, de la brutalité et de l'agressivité gratuite. Point.

Une autre critique, de théâtre cette fois-là, a déjà dit en ondes que Shakespeare utilisait trop de testostérone à la fin de ses pièces pour provoquer de l'émotion. Ouache! C'est sale, ce procédé qui consiste à accumuler les cadavres en fin de parcours. Une surdose d'hormone masculine condamne à tout jamais le créateur de Roméo et Juliette!

Éliminons la testostérone de la planète et de notre vocabulaire. Il n'y aura plus que de bons sentiments dans les œuvres d'art. (Gide ne sera pas content.) Et pourquoi ne pas castrer les hommes, par la même occasion? Ainsi, on éliminerait une grande quantité d'œuvres déviantes, qui contiennent de la violence, de l'agressivité et de la brutalité.

Ce mot, testostérone, contient maintenant une charge de signification telle qu'il sert à ostraciser tout ce qui choque la bienséance et la rectitude politique ambiante. Pourtant, comme le disait je ne sais plus qui, la création proprement dite n'est-elle pas violence faite au système et à l'ordre établi?

Bien sûr, il y a des manières de faire violence au système et à l'ordre établi à travers des œuvres d'art plus subtiles que d'autres, diront certains. Mais tout balayer du revers de la main, comme on a tendance à faire de plus en plus souvent, en qualifiant une œuvre de trop pleine de testostérone, n'est-ce pas également faire violence à la violence?




De moins en moins sûr

03 10 2008

Je suis de moins en moins sûr de moi et de mes convictions, plus je vieillis. C'est drôle, quand j'étais jeune, je méprisais souvent les autres. À la petite école, je ne comprenais pas le comportement des garçons violents et turbulents. Je préférais le calme et la maturité des fillettes que j'enviais.

Par la suite, au secondaire, je trouvais stupides les élèves récalcitrants qui n'écoutaient pas en classe et ne faisaient pas leurs devoirs. Pire, je les ignorais tellement ils me paraissaient insipides. J'enviais cependant les succès des garçons téméraires qui s'attiraient les regards des jeunes filles.

Au cégep, j'ai commencé à me sentir sérieusement supérieur. Mes notes en sciences et en mathématiques me montaient à la tête. Je regardais de haut les élèves qui peinaient dans leurs études. Premier de classe en sciences pures, je rêvais déjà d'être un astrophysicien de renommée mondiale. Même si j'étais d'une timidité maladive (encore aujourd'hui), je levais le nez sur les élèves de sciences humaines ou de techniques.

À l'université, je me promenais parmi les hommes comme parmi des fragments d'humains, comme dirait Nietzsche. Je savais que j'avais plus d'envergure et de maturité que la majorité de mes congénères. En physique, puis en philosophie, je nageais dans la complaisance et la suffisance d'une prétendue supériorité intellectuelle. Les notes, toujours les notes. Premier de classe, celui qui est cité en exemple par les professeurs et les autres élèves. Cela suffisait à me prendre pour un autre.

Finalement, il y a eu le journalisme. Étudiant, puis professionnel au Devoir. Là, j'étais quelqu'un. À 26 ans, déjà dans les mondanités journalistiques, les lancements de livres, les entrevues avec les plus grandes personnalités du monde artistique, etc. On (Jacques Godbout en tête) me proposait d'écrire des livres, des essais et même une biographie de Michel Chartrand. La belle vie, quoi.

Puis… Puis, il y a eu des épreuves. Des échecs. Des conflits de personnalités. La maladie. Et d'autres projets.

J'ai quitté Le Devoir sur un malentendu syndical et à la suite d'un conflit de personnalités avec le directeur de l'information de l'époque. Je me suis engagé dans la carrière d'enseignant au collégial. J'ai fondé une famille. J'ai vieilli. J'ai été malade. Et j'ai surtout appris beaucoup de choses encore. Évidemment, comme le disait Socrate et comme le chantait Gabin, j'ai surtout compris que je ne savais rien. Je ne savais d'abord rien des autres. Replié sur moi comme une huître.

Je ne savais pas que les autres peuvent être plus importants que soi-même. Je ne savais pas que mes enfants seraient infiniment plus importants que tout le reste. Je n'ai plus peur de mourir ni de ne pas laisser une trace indélébile pour l'humanité, depuis que j'ai eu des enfants. De plus, je juge de moins en moins les autres. Surtout ceux qui n'ont pas les mêmes idées que les miennes sur n'importe quel sujet.

Je ne suis plus sûr de rien. J'enseigne en philosophie, mais les connaissances évoluent plus rapidement que mes pensées. Je perds mes mots de plus en plus souvent. J'oublie des choses. Je ne suis plus le meilleur joueur de tennis de ma ville. Je suis en perte de vitesse.

Pourtant, il y a une chose qui augmente sans cesse. J'aime la vie de plus en plus, même si elle s'égrène dans le sablier de mon temps. Je suis de plus en plus heureux. Je n'ai plus rien à prouver à qui que ce soit. Je laisse le soin aux autres à juger de moi ou des événements. Comme disait je ne sais plus qui : cela m'a pris du temps à devenir jeune. Mettons que je n'ai rien dit.




L'école, pour les garçons aussi?

09 09 2008

Voici, selon moi, quelques mesures à mettre en place si l'on veut vraiment favoriser le succès scolaire des garçons dans notre société.

1.     Père demandé d'urgence. Les pères devraient jouer un rôle majeur dans l'éducation de leurs enfants, garçons ou filles. Malheureusement, ils ne s'investissent pas souvent et ne passent pas assez de temps avec leurs enfants afin de les aider à faire leurs devoirs ou tout simplement assister aux réunions d'école. Des pères plus présents favoriseraient le succès scolaire, autant des garçons que des filles.

2.     Moins de langues. Mettre moins l'accent sur la langue d'enseignement dans le cheminement scolaire des élèves. L'importance démesurée qu'on accorde actuellement à l'acquisition des habiletés de base en langue nuit aux chances d'intégration des garçons à l'école. Presque toutes les études récentes montrent que l'acquisition des habiletés langagières des garçons et des filles ne suit pas le même rythme. Les garçons prennent plus de temps à maîtriser les rudiments du langage. Si, dès l'entrée à l'école, on discrimine les enfants sur cette base, on disqualifie presque d'office les garçons qui seront toujours en retard sur les filles, en général. De plus, si l'on continue de mettre l'accent sur la maîtrise de la langue d'enseignement et sur les langues secondes au secondaire, on continue de discriminer la majorité des garçons qui éprouveront toujours du retard sur les filles dans les tâches reliées au langage naturel. Si, finalement, on sanctionne les études par une épreuve uniforme de français, comme cela se fait au niveau collégial, et par des examens d'entrée en langue seconde, on poursuit la discrimination sur la base d'une inégalité biologique. Bref, à tous les niveaux d'enseignement, on relègue les garçons dans les classes inférieures en mettant l'accent du cheminement scolaire sous la gouverne de la maîtrise de la langue d'enseignement et des langues secondes.

3.     Ouvrir l'école aux changements. Accorder plus d'importance à d'autres types d'activités en classe et à l'extérieur de la classe. Évidemment, on peut ajouter plus de cours d'éducation physique et consacrer plus de temps aux activités physiques en général, en augmentant le temps des récréations par exemple. Mais on peut également augmenter le temps imparti à d'autres habiletés, comme laisser plus de place à la créativité, aux nouvelles technologies, aux projets communautaires, etc.

4.     Par l'exemple. Valoriser le succès scolaire des garçons par l'exemple. Fournir des modèles d'hommes ayant du succès dans leur vie professionnelle parce qu'ils ont réussi leurs études.

5.     Revisiter les modèles masculins. Dévaloriser les modèles masculins de déviance sociale et de violence véhiculés au cinéma et dans les jeux vidéo tout en revalorisant l'image de l'homme responsable et bien dans sa peau. Des campagnes de sensibilisation pourraient être entreprises en ce sens, quitte à utiliser des humoristes si ces derniers rejoignent davantage les garçons.

6.     Une discipline sportive plutôt que militaire. Motiver les élèves en s'inspirant des méthodes sportives gratifiantes plutôt que de vieilles méthodes de disciplines militaires punitives. Ainsi, mettre de l'avant les défis personnels, la compétition, l'esprit d'équipe, les prix, etc., dans les règles de vie de l'école plutôt que les retenues, les réprimandes, les devoirs supplémentaires.

7.     Après l'école, plus d'école. Le moins de devoirs possible. C'est en classe que tout se passe. Ne pas supposer que les élèves vont s'autodiscipliner par eux-mêmes et prendre la responsabilité de prolonger l'apprentissage scolaire à l'extérieur de l'institution. Ils vont par contre le faire d'eux-mêmes s'ils en ressentent véritablement le besoin, comme lorsqu'ils s'entraînent pour devenir meilleurs dans un sport.

Ces quelques principes ne sont que des suggestions personnelles et elles n'émanent d'aucune théorie scientifique. Elles sont issues de mon expérience personnelle d'enseignant au collégial, de mes discussions avec les élèves à ce sujet depuis plusieurs années et de mes lectures concernant les difficultés d'apprentissage des garçons.




L'école discriminatoire envers les garçons?

25 04 2008

L'accent mis sur l'acquisition et la maîtrise de la langue d'enseignement en éducation dès le primaire, puis au secondaire et maintenant au collégial et à l'université, désavantage les garçons à tous les niveaux du système. Puisqu'on sait depuis plusieurs années que les garçons ont de la difficulté à maîtriser la langue maternelle et la motricité fine, il serait urgent de valoriser d'autres aspects des connaissances et habiletés à l'école.

On le remarque à tous les niveaux, du primaire à l'université, lorsqu'on corrige les travaux écrits des élèves on peut facilement dire, seulement en regardant la calligraphie, de quel sexe est l'élève qui a remis la copie. Il y a bien sûr des exceptions. Quelquefois, des garçons écrivent bien, leur copie est propre et l'orthographe respecte les règles. Inversement, il arrive aussi que des filles remettent des copies malpropres et « bourrées » de fautes. Mais ce sont des exceptions.

Comme tout l'accent est mis en éducation sur la maîtrise de la langue d'enseignement et la propreté, les élèves pénalisés le plus souvent, dès leur entrée à l'école, se trouvent être des garçons dans la vaste majorité des cas. Et cela se perpétue et s'accentue au secondaire et au collégial.

L'école n'est pas une affaire de filles, comme certains le prétendent. Les garçons pourraient très bien s'épanouir à l'école s'il y avait plus d'hommes dans le milieu scolaire, si plus de pères s'occupaient des devoirs de leurs enfants et si l'on valorisait d'autres aspects de l'éducation à l'école, comme les mathématiques, les sciences, l'informatique, l'éducation physique, etc.




La folie du mâle

17 04 2008

Aujourd'hui, à la une de La Presse, quelques statistiques alarmantes : en moyenne, 16 agressions sexuelles déclarées à la police par jour au Québec; une agression sexuelle sur 5 qui sont commises est déclarée à la police; plus de 80 % des victimes sont de sexe féminin; 97 % des agresseurs sont de sexe masculin et 20 % ont moins de 18 ans.

Outch! Ça fait mal aux mâles. Si l'on calcule bien, il y aurait 80 agressions sexuelles par jour au Québec seulement. Et 97 % de ces agressions à caractères sexuels (on ne parle pas des autres types ici, comme la brutalité verbale ou physique envers une femme ou une fillette par exemple) sont faites par des hommes. Près de 78 hommes agressent donc sexuellement des femmes et des fillettes, principalement, chaque jour au Québec…

30 % des victimes ont moins de 12 ans au moment de l'agression sexuelle.

Est-ce soignable docteur? Où est le bobo? Comment cela se peut-il? Si l'on comprend bien, il y aurait 29 200 agressions sexuelles dans l'année au Québec. Sans compter les autres types d'agression. C'est beaucoup. En tout cas, les hommes devraient se poser des questions importantes et l'on devrait vraiment essayer de comprendre les sources du problème.

Une femme sur trois sera victime d'agression sexuelle au cours de sa vie et 80 % des victimes connaissent l'auteur de leur agression sexuelle. Ouf!

J'ai mal au mâle!

Brisonslesilence.com

Sources des statistiques : Sécurité publique, 2006 et Enquête générale sociale, Statistique Canada, 1999.




L'échec des garçons à l'école

14 04 2008

Récemment, on a publié des statistiques intéressantes sur la réussite des élèves à mon Collège. On se targuait, avec raison, du succès scolaire des garçons à l'Épreuve uniforme de français par rapport aux autres institutions collégiales. En effet, les gars réussissent dans une proportion de 85 % à peu près, comparativement à la moyenne provinciale d'environ 75 %. Sauf que la statistique cachait une réalité pour le moins troublante. Seulement quelque 300 élèves masculins s'étaient présentés à l'épreuve tandis que près de 600 filles avaient passé l'examen…

Dans les classes de français qui préparent à l'épreuve de français, les groupes sont constitués de seulement 33 % de garçons. Toujours. Si l'on considère que notre Collège accueille grosso modo une proportion de 55 % de filles et de 45 % de garçons, il y a donc une différence de plus de 10 % de garçons par rapport aux filles qui ne se rendent pas à l'épreuve ministérielle de français et qui n'obtiendront donc pas de diplôme. Et cela malgré toutes les mesures mises sur pieds par le Collège afin de favoriser la réussite des garçons.

Alors, que se passe-t-il sur le plan de la réussite des garçons à l'école depuis plus de dix ans qu'on a sonné l'alarme? Pas grand-chose. En fait, oui, il se passe des choses : on tente des expérimentations, on essaie d'expliquer le phénomène et l'on met de l'avant certaines mesures. Mais les résultats ne sont pas encore assez probants pour être reconnus comme une avenue qui mettrait en échec l'échec des garçons à l'école.

François Guité, encore lui, a fait un travail remarquable de synthèse et de compilation d'études récentes sur le sujet ici.

De mon côté, plus modestement, j'ai publié quelques articles dans les journaux depuis dix ans sur les difficultés scolaires des garçons. Voici les principaux : Pôvres gars; histoire de filles; Réussir gars; Les mâles; Les désavantages.

Par ailleurs, vous pouvez suggérer des pistes de réflexion à Mario qui participera à un panel sur le sujet jeudi prochain dans le cadre du Colloque sur la réussite éducative.

Quant à moi, je suis de plus en plus tenté d'expliquer les problèmes des garçons à l'école par quatre facteurs principaux. Le rôle effacé des pères dans l'éducation, l'incapacité des professeurs à comprendre les difficultés d'apprentissage (la collision entre le savoir et l'ignorance, selon Pennac), l'omniprésence des jeux vidéo dans l'imaginaire des garçons et la désuétude du système d'enseignement qui ne peut s'adapter aux nombreux changements rapides dans la transmission des savoirs.




Des souris et des hommes ou la mort en direct

11 03 2008

Dernière partie d'une série de cinq. Première partie, deuxième, troisième et quatrième.

Un Chinois de 30 ans a été retrouvé mort le 17 septembre 2007 dans une cabine isolée d’un cybercafé : il aurait joué à un jeu en ligne jusqu’à épuisement total pendant trois jours sans s’arrêter pour boire, pour manger ou même pour dormir. En décembre 2005, en Corée cette fois, un homme de 38 mourrait d’épuisement après avoir passé dix jours à jouer en ligne de façon continue. En 2002, un joueur coréen est également mort à la suite d’une crise cardiaque après avoir joué pendant 86 heures sans arrêt. En 2005, en Chine, des parents ont laissé mourir de faim leur nourrisson, car ils étaient trop absorbés par le jeu en ligne World Of Warcraft (WOW).

 

Toujours en 2005, deux Français dans la vingtaine sont hospitalisés parce qu’ils ne pouvaient plus s’arrêter de jouer à World Of Warcraft. L’un se promenait nu dans la rue sans savoir où il était : il s’imaginait être devenu son personnage. L’autre a été interné à la demande de sa famille, car il avait perdu 17 kilos en quelques semaines.

 

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15 millions de personnes jouent à des Massively Multiplayer Online Role-Playing Games (MMORPG) dans le monde. Les jeux les plus populaires sont World Of Warcraft (WOW) avec 9 millions d’adeptes, suivent Everquest II et Star Wars Galaxies, entre autres. Quelques dizaines de milliers de joueurs seraient suivis médicalement à travers le monde pour guérir une dépendance au MMORPG, dont au moins 10 000 en Corée. La Chine vient d’ailleurs de se doter d’un programme militaire de réhabilitation pour les cyberdépendants.

 

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Dans une étude récente (2006), Nick Yee a montré que les joueurs de MMORPG passent en moyenne 21 heures devant leur écran d’ordinateur par semaine contre seulement sept heures devant leur téléviseur. Étonnamment, les femmes jouent plus d’heures que les hommes à ce type de jeu. Par contre, dans un univers permanent comme Second life, Yee a montré que les personnages contrôlés par des hommes se tiennent plus éloignés des autres personnages masculins et les regardent moins directement dans les yeux que ceux joués par des femmes.

 

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L’éditeur du jeu de rôle en ligne le plus populaire (World Of Warcraft), Blizzard, a accepté une part de sa responsabilité dans la dépendance crée par son jeu en installant un contrôleur parental qui déconnecte automatiquement le jeu après un certain nombre d’heures déterminé par les parents. En plus, l’éditeur offre un boni de progression pour le joueur qui se déconnecte du serveur un certain nombre d’heures d'affilée.

 

Déjà en 1998, une étude de l’Université Simon Fraser démontrait qu’un adolescent sur quatre ressent une certaine dépendance aux jeux vidéo. On a montré par ailleurs que jouer à des jeux vidéo libère de la dopamine (neurotransmetteur associé à la sensation de plaisir) dans le cerveau.

 

D’après une étude récente et importante de Harris-interactive (fin 2006), près de 10 % des joueurs âgés de 8 à 18 ans aux États-Unis sont considérés comme pathologiquement ou cliniquement dépendants des MMORPG.

 

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Une autre étude publiée l’an dernier par Entertainment Software Association indiquait qu’au total 44 % des joueurs de jeux vidéo étaient âgés de 18 à 49 ans et que 31 % avaient moins de 18 ans. L’âge moyen des joueurs est de 33 ans et un quart des joueurs ont plus de 50 ans. Les hommes représentent plus de trois joueurs sur cinq. Étonnamment, les femmes de 30 ans et plus jouent davantage à des jeux vidéo (30 %) que les garçons de moins de 17 ans (23 %). L’âge moyen des acheteurs de jeux vidéo est de 40 ans. Toujours selon la même étude : 69 % des chefs de famille américaine joue à des jeux vidéo.

 

« On estime que 3 à 4 % de ceux qui jouent pour de l’argent sont dépendants, la proportion pourrait être la même pour les jeux vidéo, bien qu’il n’existe aujourd’hui aucune étude sérieuse chiffrée à ce sujet… »




Salir l'estime de soi des femmes, par Dove

20 12 2007

La compagnie de savon Dove réalise une vaste campagne de publicité axée (remarquez le mot) sur la valorisation du corps naturel des femmes : Programme d'estime de soi ou Initiative vraie beauté. Que de bons sentiments... Le fabricant a même poussé l'audace jusqu'à créer un fonds consacré à la revalorisation de l'estime de soi des femmes : Le Fonds d'estime de soi Dove. On a vu à la télévision une série de publicités avec des femmes rondelettes, une autre avec une jeune fille bombardée d'images stéréotypées, une autre encore montrant comment on pouvait transformer le corps d’une femme normale pour la transfigurer en mannequin.

Voici que l'on apprend que la compagnie fabriquant le savon Dove, Unilever, est la même que celle qui met sur le marché l’antisudorifique Axe for men, celui-là même qui propose des images pour le moins stéréotypées des femmes dans ses publicités. Osez écouter le vidéoclip jusqu'à la fin, si vous êtes capable...

Mettez côte à côte les campagnes de publicité de Dove, qui donnent bonne conscience au fabricant, et celle d’Axe for men et vous comprendrez qu’il n’y a qu’un seul réel message sous de faux dehors d’œuvre humanitaire : achetez!

Dove ne lave pas plus blanc, mais nettoie la mauvaise conscience du fabricant Unilever.




Le retour de la femme-objet

09 12 2007

Lorsque je consulte mes courriels sur Hotmail, je ne peux pas ne pas voir la poitrine généreusement exhibée d'une belle blonde plantureuse en haut de la page. Elle reste ainsi offerte dans toute sa splendeur tant que je consulte mes courriels. C'est un peu agressant et dérangeant à la fin, cette publicité d'une agence de rencontre.

Je ne veux pas jouer à la vierge offensée, mais ce qui m'agace le plus dans cette intrusion inopinée, c'est qu'elle ne semble offusquer personne. Aucun groupe de pression ne se manifeste pour protester contre cette exploitation du corps de la femme à des fins commerciales. C'est devenu monnaie courante. Regardez la quatrième de couverture de la revue Châtelaine en kiosque actuellement pour vous en convaincre. On veut attirer l'attention, on expose une belle jeune femme presque nue sur les affiches en bordure des autoroutes. On veut vendre une voiture, on étale une adorable grande fille, en robe longue fendue jusqu'en haut de la hanche, sur le capot de la bagnole.

Dans les années 70, les féministes avaient réussi à dénoncer la dégradation de l'image de la femme quand on exploitait aussi bassement les attraits sexuels du corps féminin. Les publicistes se retenaient. On assiste actuellement au retour du refoulé, la femme-objet devient un cliché qui s'épingle automatiquement aussitôt qu'on ouvre son ordinateur pour consulter son courrier.

Quelle époque!




Les femmes encore maltraitées! (bis)

05 11 2007

Wow, c'est un choc, ce matin en lisant La Presse. Selon Statistiques Canada, quatre femmes sur cinq sont victimes d'une quelconque forme d'agression en milieu universitaire. Si mon calcul est bon, cela fait 80 % des femmes victimes d'agressions dans les universités canadiennes! Et comme si cela n'était pas assez catastrophique, dans un milieu où l'on aurait pu penser qu'il y avait moins de violence envers les femmes, on note aussi que 60 % des étudiants mâles « affirment qu'ils n'hésiteraient pas à commettre une agression sexuelle s'ils étaient assurés de ne pas être pris en défaut ». Quand on sait que les universités canadiennes et québécoises sont de plus en plus fréquentées par les femmes en très forte majorité de la population étudiante, on peut se demander ce que ces chiffres vont avoir comme impact.

Cette nouvelle est désolante à plusieurs égards. D'abord, il faut dénoncer toute forme d'agression sur n'importe qui, les femmes aussi bien que les hommes. Ensuite, le milieu universitaire ne semble pas échapper au phénomène de la violence faite aux femmes. À Montréal, la violence à l'égard des femmes a déjà été signalée dans ma chronique du 23 mai. Finalement, la nouvelle ne semble pas faire les manchettes, elle est reléguée dans les pages intérieures du journal, comme pour la cacher.

À quand une véritable étude ou un colloque sur ce phénomène de la violence faite aux femmes dans tous les milieux (travail, études, familles, etc.)?




Droit à l'égalité des femmes et les autres droits

22 10 2007

Voici un texte d'opinion publié dans La Presse d'hier. Il est très intéressant, car il met en perspective l'égalité entre les hommes et les femmes et les différents droits garantis par les chartes canadienne et québécoise de façon très pertinente. À vous de juger.

Le dimanche 21 oct 2007

Tous les droits sont égaux

Pearl Eliadis

La Presse

Le Conseil du statut de la femme du Québec veut que soit établie une règle qui permettrait aux droits des femmes à l'égalité de primer sur la liberté de religion. M Charest, lui, nous propose des modifications à la Charte québécoise qui auraient pour effet de concrétiser cette proposition.

Il ne faut pas oublier que la Déclaration de Vienne, adoptée par 171 nations y compris le Canada il y a 14 ans, a réaffirmé des principes fondamentaux des droits de la personne. L'article 5, cité ci-dessus, constituait une victoire importante pour la Conférence mondiale, en partie parce que les droits des femmes se trouvaient inscrits sur le même pied d'égalité que les autres droits et libertés. Cet article affirme:

«Tous les droits de l'homme sont universels, indissociables, interdépendants et intimement liés. La communauté internationale doit traiter des droits de l'homme globalement, de manière équitable et équilibrée, sur un pied d'égalité et en leur accordant la même importance.» - Déclaration et Programme d'action de Vienne, adoptés le 25 juin 1993 par la Conférence mondiale sur les droits de l'homme.

Il est ironique qu'au nom de l'égalité des femmes et des «valeurs québécoises» uniques, nous soyons témoins d'une attaque directe contre ce principe de base en droit international des droits de la personne. Voici une idée rejetée il y a belle lurette en droit international.

L'important est de reconnaître qu'aucun droit n'est absolu: l'égalité des femmes ne prime pas sur les autres droits tout comme les autres droits ne priment pas sur l'égalité des femmes.

D'ailleurs, ce jeu d'équilibre est déjà enchâssé dans notre Charte canadienne. De plus, le droit à l'égalité des femmes et des hommes se trouve déjà inscrite et dans la Charte canadienne et dans la législation des droits de la personne au Québec. Il serait souhaitable que la Charte québécoise reflète les même valeurs que la Constitution canadienne en ce qui concerne l'égalité entre les femmes et les hommes, mais la réclamation d'une hiérarchie des droits est inacceptable.

Symboles religieux

Le Conseil veut aussi rendre illégal tout symbole religieux dans des institutions publiques. Cette proposition est basée sur le modèle français de laïcité qui est contraire à notre démocratie constitutionnelle. Or le préambule de la constitution canadienne commence avec la phrase suivante: «Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit.»

Ceci ne signifie pas que nous devrions devenir une théocratie ni que nous devrions accepter certaines règles religieuses qui vont à l'encontre de nos institutions démocratiques. Elle indique, toutefois, que la liberté de religion doit être prise au sérieux. Il va sans dire qu'il est totalement inacceptable de concevoir un Québec où la liberté de religion serait plus restreinte que dans le reste du Canada.

Et, côté pratique, comment cette interdiction de symbole religieux fonctionnerait-elle? Pourquoi s'agit-il de chapeaux? Que dire des châles de prière? Ou des casquettes Rasta? Ou d'une personne qui veut porter un chapeau dans une institution publique pour des raisons autres que religieuses? Que tout ce débat ait lieu pendant que la croix se trouve en place d'honneur à l'Assemblée nationale suggère pour le moins un double standard et un manque de recul.

Le Conseil du statut de la femme du Québec, en tant qu'organisme public, devrait concentrer ses efforts sur la discrimination à laquelle font face les femmes: par exemple, s'assurer que les femmes immigrantes ont accès à des emplois, promouvoir l'embauche de plus de femmes et de minorités dans la fonction publique, et encourager l'élection de plus de femmes à tous les niveaux gouvernementaux. Voici quelques-uns de vrais enjeux pour l'égalité des femmes.




Les femmes encore maltraitées aujourd'hui

23 05 2007

Deux nouvelles sont passées presque inaperçues dernièrement, mais elles méritent qu'on s'y attarde quelque peu. D'abord, une jeune femme de 17 ans s'est fait lapider à mort dans le nord de l'Irak devant une foule d'une centaine de personnes. Les forces de l'ordre assistaient à la scène. Il y a même des spectateurs qui ont filmé le tout sur leur cellulaire et qui ont diffusé cette scène horrible sur Internet. Un seul homme s'est avancé vers la victime agonisante sous les pierres et lui a déposé un manteau sur ses jambes dénudées, car cela était trop indécent pour les personnes qui assistaient à cette exécution. On ne peut pas voir les jambes d'une femme, mais on peut la lapider et filmer son exécution bestiale et la voir agoniser dans le sang sans problèmes.

Par ailleurs, ici à Montréal, la police a rendu public son rapport annuel la semaine dernière. Il y aurait eu près de 1700 agressions sexuelles en 2006 sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal seulement. Quand on sait que la plupart des agressions sexuelles ne sont pas dénoncées à la police, on peut penser que le nombre d'agressions sexuelles à Montréal est au moins le double de ce que dévoile la police. En restant prudent et en prenant les chiffres officiels, on arrive tout de même à cinq agressions sexuelles par jour à Montréal en 2006. Est-ce normal?

Partout sur la planète la domination physique des hommes sur les femmes se manifeste de différentes manières. Ici, c'est surtout à travers les agressions sexuelles qu'on le constate, dans les pays où les intégristes ont pris le contrôle de la population, c'est à travers des gestes comme les lapidations que cela se révèle.

Pour les femmes, la lutte pour l'égalité ne sera jamais terminée, car trop d'hommes continuent de vouloir dominer leur semblable par la force physique. Le chemin de la raison triomphante sur la violence physique et psychologique est encore parsemé d'embuches.